
crédits : phinphonephoto’s
L’international Herald Tribune lance un service de “mise en son” de ses articles. Les fichiers audio sont ensuite proposés par podcasting pour que vous puissiez “écouter” les articles du journal.
Cette opération rejoint un peu mon billet précédent sur la concurrence des supports en cela qu’il n’y pas vraiment d’intérêt à faire du podcasting àà partir de contenus prévus pour le papier.
La papier à ses avantages, il est peu cher à l’achat, le contenu est facilement accessible (grâce à vos yeux) et il peut être consommé n’importe où sauf sous l’eau (et encore).
Alors pourquoi tordre ce support et son contenu pour péniblement le porter sur un support podcast grâce à la technologie du text-to-speech ?
Je ne vois que des désavantages à cette opération :
- Le coût des serveurs pour opérer les “text-to-speech
- Le contenu, qui est écrit pour être “lu” et non “écouté”. On peut dire beaucoup plus de choses, aller plus dans le détail sur le papier. A l’écoute on perd vite l’attention de l’auditeur avec autant d’informations à mon avis.
- *L’impossible* voix synthétique du logiciel text-to-speech qui, s’il n’avale pas des transitions, n’offre aucune intonation dans sa voix ce qui le rend particulièrement ennuyeux à écouter (j’ai tenu 5 mn)
- Les bugs : j’ai téléchargé quelques podcasts, on m’a servi plusieurs fois le même ou qui ne correspondaient pas au titre de l’article.
Pourquoi ne pas payer un journaliste radio pour adapter les articles de ses collègues et se caler un micro à 100 euros avec Audacity pour faire quelquechose d’un peu plus propre et audible ?
C’est aussi un contre exemple d’utilisation du podcasting qui à mon avis est perçu ici comme un gadget à la mode qu’il faut absolument posséder alors que c’est un support viable qui appelle une production particulière.
C’est un peu un billet à charge et il se peut que vous me citiez des contre-exemple où le text-to-speech a un véritable intérêt pour le podcasting audio, ce dont je ne doute pas.

3 commentaires
Bonjour et merci pour vos commentaires et critiques. Je m’occupe de ReadSpeaker en France et j’ai conclu l’accord avec le International Herald Tribune.
La qualité des synthèses vocales a énormément progressé lors de ces dernières années mais il y a encore des améliorations à apporter pour que la prosodie soit encore meilleure, cela ne saurait tarder.
Le service est hébergé sur les serveurs de ReadSpeaker, donc cela n’impacte pas les serveurs du site web qui utilise nos applications.
Les éditeurs en ligne vont cibler des contenus plus courts pour utiliser notre service. Vous avez raison, sur des contenus trop longs, la qualité de la synthèse vocale peine mais là encore nous sommes sur des technologies qui vont encore beaucoup progresser. le "text-to-speech" est une technologie qui est loin d’être figée!
Les bugs : on vient de lancer le service, on l’améliore constamment.
Je ne pense pas que ce soit un gadget à la mode pour les 20% de la population européenne qui pour différentes raisons (dyslexie, certaines déficiences visuelles, personnes de nationalités étrangères qui pour certaines d’entre elles préfèrent l’oral à l’écrit, handicaps intellectuels, certains Seniors) ont un réel besoin d’avoir accès à une version vocale de contenus écrits. Et que dire des gens qui passent de plus en plus de temps dans les embouteillages par exemple?
Idem que Roy sur ce coup, c’est vrai que l’on peut se sentir un peu désemparé fasse à cette vilaine concurence qu’est la TTS, mais il n’empèche que pour des raisons évidentes d’accessibilité, je ne peux que soutenir l’initiative, surtout venant du Herald Tribune qui est un grand journal.
Alors oui, c’est vrai que ça serait mieux d’avoir un vrai podcasteur qui parle, moi aussi je trouve ces voix de synthèses froides et sans vie (d’ailleur, c’est la voix de readspeaker qu’il y a dans mon bus et qui donne le nom des stations), mais si ça peut permettre à des gens qui ne peuvent pas lire de pouvoir acceder au contenu du journal, j’approuve.
Entendons nous bien. Je pense que le TTS est une technologie d'avenir, notamment en ce qui concerne l'accessibilité des contenus. C'est un outil qui doit encore mûrir mais qui répondra ou répond déjà à de nombreux besoins précis.
Par contre je doute de la pertinence du mariage brutal entre presse, podcasting et TTS comme dans le cas du Herald Tribune où les textes ne sont pas écrits pour de l'audio, sont mal lus et où le podcasting n'est pas encore efficace. C'est un mélange des genres qui ne sert ni le journal qui délivre un contenu bancal ni le lecteur qui peut avoir de la peine à écouter un long moment une voix synthétique, qu'il soit en situation de déficience visuelle ou pas.
…..
Flux RSS des commentaires de ce billet
Ajouter un commentaire